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Formation dans la zone Euro-Med : un changement de mode de coopération préconisé

MARSEILLE - Plusieurs intervenants, lors des 11es Rendez-vous économiques de la Méditerranée sur la formation professionnelle entre l’Union européenne et le Maghreb, organisés samedi à Marseille, se sont accordés à affirmer qu’il faut changer le mode coopération entre les deux rives pour parvenir à une ‘‘coproduction’‘.

 

Le président du Cercle des économistes, Jean-Pierre Lorrenzi, a indiqué que, du côté de la rive nord, depuis le début de la crise en 2007, ‘‘nous nous heurtons à des difficultés’‘, notamment en matière de chômage qui touche les jeunes de la région. ‘‘Il faut changer de mode de coopération et parler en termes de coproduction’‘, a-t-il dit lors de la table ronde sur le partenariat dans le domaine de la formation professionnelle, à laquelle ont participé le ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Mohamed Mebarki, et le président du Conseil national économique et social (CNES), Mohamed-Seghir Babes.

 

Considérée comme l’une des clés ‘‘importantes’‘ dans la résorption du chômage des jeunes du bassin méditerranéen, la formation professionnelle et l’emploi des jeunes ‘‘doivent figurer’‘, ont estimé certains participants, dans des agendas communs des pays de la région méditerranéenne.

 

Dans ce sens, le maire de Marseille et vice-président du Sénat, Jean-Claude Godin, a souligné que la formation professionnelle devra ouvrir aux jeunes, notamment des villes ayant connu une forte urbanisation, des opportunités d’emploi pour leur insertion sociale.

 

Soutenant cette proposition, Michel Vauzelle, président de la région PACA (Provence-Alpes-Côte d'Azur), a affirmé qu’il n’y aura pas d’avenir pour l’Europe si les problèmes de la Méditerranée ne sont pas réglés, notamment ceux touchant la jeunesse, soulignant que la rive nord ‘‘ne connaîtra de prospérité et la richesse, si elle tourne son dos à la Méditerranée’‘.

 

Pour sa part, le ministre français du Travail, de l’Emploi et de l’Economie sociale, Nicolas Schmit, a demandé à l’Union européenne et aux pays du Maghreb d’agir ‘‘en urgence’‘ en proposant des projets concrets à la jeunesse, de l’innovation, ‘‘clé de la réussite’‘, parce qu’un ‘‘danger réel’‘, a-t-il expliqué, guette toutes les sociétés.

 

Selon une note de présentation de la conférence, en 2014, près de 5 millions et demi de jeunes européens (hors étudiants) n'avaient pas d'emploi en Europe.

 

Un peu partout dans l'Union européenne, du Portugal à l'Europe de l'Est, les taux de chômage des moins de 25 ans demeurent très élevés. Ce qui représente en moyenne 23% des jeunes européens (23,7% dans la zone euro) avec des disparités très fortes selon les pays.

 

Le ministre français a fait remarquer, à l’assistance, qu’en matière de coopération, ‘‘le travail commence maintenant’‘, en donnant, a-t-il dit, espoir à la jeunesse par le biais de cette ‘‘voie royale’‘, tout en maîtrisant la qualité de la formation professionnelle.

 

Au cours de la table ronde sur la recherche d’une action coordonnée dans les politiques nationales, le représentant de la Banque mondiale, Shantayanan Devarajan, a préconisé le renforcement des offres d’emploi, avec l’encouragement de la création des PME, estimant que la formation professionnelle est un ‘‘grand défi’‘ devant le problème de qualité de l’éducation.

 

Cette mauvaise performance de l’éducation, a-t-il expliqué, est due en partie à la résistance des mouvements syndicaux dans ce secteur, ‘‘véritable frein’‘ à la qualité.

 

Le ministre tunisien de la Formation professionnelle et de l’Emploi, Ziad Ladhari, a recommandé une collaboration ‘‘coordonnée’‘ entre les pays des deux rives car, a-t-il précisé, la formation professionnelle demeure ‘‘le premier programme d’emploi’‘ auquel il faudra accorder la priorité en capitalisant les expériences de tous les acteurs.

 

Pour sa part, le président de l’Université d’Aix-Marseille, Yvon Berland, a appelé à une collaboration étroite entre les universités et les entreprises pour qu’il y ait une formation adaptée, évitant les déperditions des nouveaux diplômés.

 

‘‘Il ne faut plus partir du diplôme pour avoir une qualification mais il faudra désormais partir du métier pour aboutir à un diplôme’‘, a-t-il proposé, souhaitant que les universités arrivent à transcrire les compétences en offrant une formation ‘‘professionnalisante’‘.

APS,Samedi, 07 Novembre 2015 16:52



08/11/2015
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